PLAQUES DE VERRE. ÉMILE LORSON PÈRE ET FILS, PHOTOGRAPHIENT STRASBOURG ENTRE 1880 ET 1945. XXE  

Une dynastie de photographes.

Spécialisé dans les portraits de la bourgeoisie, des familles et des notables locaux, le studio E.Lorson a immortalisé les visages des Strasbourgeois. A travers les tumultes politiques et les changements d’annexion de l’Alsace (entre la France et l’Allemagne).

Le Studio Émile Lorson (Père) : Installé à partir de 1880, notamment au 2 rue de la Mésange, s’impose comme une référence pour les portraits de famille de la haute société. L’atelier utilise de grands décors peints et des accessoires spécifiques découverts lors de l’enquête historique sur ses plaques de verre.

C’est la découverte fortuite d’un sac plastique sur un marché aux puces de Strasbourg, contenant 150 plaques de verre photographiques issues de cet atelier, qui a permis de remettre en lumière le travail des photographes Lorson. Après une enquête minutieuse de six mois pour identifier la signature du studio, ce fonds inédit a donné naissance à l’exposition de 2023 à La Trézorerie.

Strasbourg, haut lieu de la photographie.

Au XIXe siècle, Strasbourg connaît un véritable âge d’or de la photographie. La ville voit l’émergence des premiers ateliers professionnels dès les années 1850. Poussés par l’engouement de la bourgeoisie locale pour le portrait, ces ateliers profitent aussi d’une architecture monumentale propice aux premières scènes urbaines.

Pour capter un maximum de lumière naturelle indispensable aux émulsions lentes de l’époque (comme le collodion humide puis le gélatinobromure d’argent), les ateliers strasbourgeois du XIXe siècle sont construits sous les toits. Ils sont caractérisés par d’immenses verrières inclinées orientées au nord pour obtenir une lumière diffuse et homogène sans soleil direct.

L’abandon et la dispersion du fonds.

Contrairement à d’autres grands studios strasbourgeois du XIXe siècle dont les fonds ont été légués à des institutions ou rachetés par des successeurs, le patrimoine du studio Lorson a été démantelé de façon brutal. Les registres des clients, les carnets de commande et la quasi-totalité des tirages officiels restés à l’atelier ont disparu lors de la reprise du local. Au décès d’Émile Lorson fils et au fil des transmissions familiales, ces caisses de verre deviennent un fardeau encombrant pour les héritiers. À cette époque (la seconde moitié du XXe siècle), la photographie ancienne sur verre n’a pas la valeur artistique qu’on lui prête aujourd’hui. Considérées comme de vieilles reliques poussiéreuses d’inconnus, la quasi-totalité des plaques du studio Lorson a été jeté lors de déménagements ou de successions immobilières.